Conseils voyage
9 min
17 August 2026

Monter à cheval en Mongolie : ce qui vous attend vraiment en selle

Le cheval mongol, la selle de bois, le niveau qu'il faut vraiment avoir et la saison qui s'y prête. Ce que recouvre une sortie à cheval dans la steppe, et la place qu'elle occupe dans une immersion chez les éleveurs.
Lucie

Monter à cheval en Mongolie : ce qui vous attend vraiment en selle

En Mongolie, monter à cheval ne ressemble pas à une reprise en manège. On monte un cheval mongol, petit et rustique, élevé dehors toute l'année, avec des étriers courts et une selle dure, sur une steppe qui n'a ni clôture ni sentier balisé. Une demi-journée suffit à comprendre pourquoi le cheval reste au centre de la vie des éleveurs.

Reste à savoir ce que cela demande vraiment, quand y aller et ce que le cheval représente une fois sur place. Disons-le tout de suite : nous n'organisons pas de randonnée équestre itinérante. Le cheval intervient comme un moment d'une immersion chez les éleveurs, pas comme le fil conducteur du séjour.

Le cheval mongol n'est pas un poney de club

Le cheval mongol mesure entre 1,22 et 1,45 mètre au garrot, pour 300 à 360 kilos. Tête large, dos court, membres épais : il tient davantage du poney robuste que du cheval de selle européen. Sa morphologie a peu changé depuis l'époque où la cavalerie mongole traversait le continent.

Ce qui le distingue vraiment, c'est son mode de vie. Il passe l'année dehors, en semi-liberté, dans des troupeaux que les familles laissent pâturer et rassemblent quand elles en ont besoin. Il n'est ni logé au box ni nourri au grain, et il encaisse des écarts de température de plus de soixante degrés entre janvier et juillet.

Le pays en compte environ 5,1 millions, soit près de 9 % d'un cheptel de 58,1 millions de têtes, selon le recensement 2025 de l'Office national des statistiques de Mongolie. Cela fait plus d'un cheval par habitant. Utilisé pour le transport, un cheval mongol avale 50 à 60 kilomètres dans la journée, et les meilleurs galopent une dizaine de kilomètres sans s'arrêter.

Le cheval accompagne le quotidien des familles d'éleveurs.

À quoi ressemble une journée en selle dans la steppe

La selle traditionnelle mongole repose sur un arçon de bois court, avec un pommeau et un troussequin très relevés qui emboîtent le cavalier. L'assise est haute et dure, les étriers se règlent court. On y passe une bonne partie du temps debout, en équilibre sur les étriers plutôt qu'assis, dès que l'allure s'accélère.

Le terrain, lui, n'a rien d'un parcours balisé. On avance à vue dans des vallées ouvertes, on contourne les terriers de marmottes et on traverse les ruisseaux à gué. Ni clôture ni panneau : c'est souvent ce qui déstabilise le plus les cavaliers habitués aux chemins européens.

Une sortie dure généralement de deux heures à une journée. Ce qui fatigue n'est pas la vitesse mais la position : les genoux et l'intérieur des cuisses travaillent, et le lendemain se fait sentir. Le matériel varie d'un campement à l'autre, c'est un point à préciser avec le guide avant de monter.

Monter avec des éleveurs plutôt que faire du tourisme équestre

En Mongolie, le cheval n'est pas une activité de loisir ajoutée au programme, c'est un outil de travail. Dans les familles qui accueillent nos voyageurs, on monte pour conduire les moutons et les chèvres vers les pâturages, pour rassembler les bêtes dispersées, pour aller voir le voisin installé quinze kilomètres plus loin.

C'est exactement le quotidien que partage notre séjour chez les nomades des steppes : onze jours dont plusieurs passés dans une famille de la région Tov, avec la traite des vaches et des juments, la conduite du troupeau à cheval vers les pâturages, la collecte du combustible et la fabrication de l'airag, ce lait de jument fermenté que l'on vous tendra forcément. Le groupe ne dépasse jamais cinq voyageurs et l'on dort en yourte chez l'habitant.

Le voyage en terre chamane réserve, lui, une journée entière de randonnée à cheval autour de Karakorum, l'ancienne capitale de Gengis Khan, entre vallées, rivières et collines. C'est la seule journée de selle complète de notre catalogue, et elle peut se faire à pied pour qui préfère. Le reste du séjour tourne autour de la rencontre avec un chamane et d'une famille d'éleveurs de yaks.

Notre trek dans le Khangai et la vallée de l'Orkhon se fait entièrement à pied, sur treize jours, avec des nuits chez l'habitant et sous tente. On y croise les chevaux des familles et les troupeaux en liberté, on ne les monte pas. Autant le savoir avant de choisir.

Yaks et chevaux en pâture libre autour du campement familial.

Faut-il savoir monter avant de partir ?

Non, pas pour une sortie de quelques heures encadrée par un éleveur. Les chevaux confiés aux voyageurs sont choisis parmi les plus calmes, on part au pas et le galop reste facultatif. Les deux voyages concernés sont classés « Premiers pas », le niveau le plus accessible de nos séjours.

Line, partie en Mongolie avec Odysway, le résume ainsi : « Odysway m'a également permise de vivre une expérience incroyable à cheval en plein milieu des steppes. Moi qui n'étais plus montée à cheval depuis mon enfance, je n'ai pas été déçue ! »

Deux choses à savoir quand même. La steppe est vide : en cas de chute, l'hôpital le plus proche peut se trouver à plusieurs heures de piste, ce qui rend une assurance avec rapatriement indispensable. Et les éleveurs montent rarement avec un casque, donc si vous y tenez, demandez-le explicitement avant le départ.

Les chevaux de Przewalski de Khustain Nuruu

À une centaine de kilomètres d'Oulan-Bator, la réserve de Khustain Nuruu abrite le takhi, connu en France sous le nom de cheval de Przewalski. Il se distingue du cheval domestique par sa robe isabelle, sa crinière noire dressée et surtout par son caryotype : 66 chromosomes contre 64. Les travaux génétiques récents ont compliqué l'idée d'un cheval jamais domestiqué, mais il reste le plus proche parent sauvage de nos montures.

Disparu de la nature au milieu du XXe siècle, il n'a survécu qu'en captivité, dans quelques zoos européens. Le 5 juin 1992, seize takhi ont été relâchés à Khustain Nuruu. Le parc en compte aujourd'hui environ 330, ce qui en fait la plus grande population au monde selon ses gestionnaires.

On ne les monte pas et on ne les approche pas. Ils vivent en hardes libres et l'observation se fait à distance, en fin de journée, quand ils descendent pâturer. Notre séjour chez les nomades s'y arrête le cinquième jour, juste après l'immersion dans la famille d'éleveurs.

Les takhi de Khustain Nuruu, en fin de journée.

Quelle saison pour monter à cheval en Mongolie

La fenêtre utile va de juin à septembre. Avant, la steppe sort à peine de l'hiver et les nuits restent froides en altitude ; après, les familles préparent le déplacement vers les campements d'hiver. Juin offre des journées fraîches, confortables pour rester plusieurs heures en selle ; septembre donne la lumière basse et les mélèzes qui virent à l'orange.

Juillet a un attrait particulier avec le Naadam, dont les courses de chevaux se disputent sur 15 à 30 kilomètres de steppe ouverte, montées par des enfants. C'est le moment où la place du cheval dans le pays saute le plus aux yeux. Notre article sur quand partir en Mongolie détaille le calendrier mois par mois.

Fin d'étape au bord d'un lac, les chevaux à l'attache.

Ce que nous proposons, et ce que nous ne proposons pas

Si vous cherchez un raid équestre de dix à vingt jours, avec chevaux de bât et bivouacs successifs, ce n'est pas ce que nous faisons. Des agences spécialisées dans le voyage à cheval construisent ces itinéraires, et c'est un autre métier que le nôtre.

Ce que nous organisons, c'est l'immersion : passer quelques jours chez une famille d'éleveurs, dormir dans leur yourte, travailler avec elle, et monter parce qu'elle monte. Nos trois voyages en Mongolie reposent sur ce principe, en groupes de cinq à dix voyageurs, accompagnés d'un guide local francophone. Tuya, l'une de ces accompagnatrices, revient dans plusieurs retours de nos voyageurs.

Si l'idée vous parle mais que les dates ou le format ne collent pas, un échange avec un conseiller permet de caler le séjour sur vos contraintes.

Questions fréquentes

Faut-il savoir monter à cheval pour voyager en Mongolie ?

Non. Les sorties prévues dans nos séjours sont accessibles à des débutants, encadrées par des éleveurs, et le rythme reste calme. Un cavalier confirmé y trouvera de quoi galoper, un débutant de quoi découvrir sans appréhension.

Combien de temps dure une sortie à cheval ?

De deux heures à une journée complète selon le voyage. La journée autour de Karakorum, dans le voyage en terre chamane, est la plus longue de nos programmes.

Peut-on faire une randonnée équestre de plusieurs jours avec Odysway ?

Non. Aucun de nos voyages en Mongolie n'est construit comme une itinérance à cheval. Le cheval intervient sur une journée de randonnée, ou dans le travail quotidien de la famille qui vous accueille.