Conseils voyage
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03 August 2026

Trek au Pérou : quel itinéraire choisir pour rejoindre le Machu Picchu

Le Chemin de l'Inca n'est ni le seul itinéraire, ni toujours le meilleur. Comment choisir son trek au Pérou selon ce que vous voulez voir en marchant, votre aisance en altitude et le temps dont vous disposez pour réserver.
Marina

Au Pérou, presque tous les treks mènent au Machu Picchu, mais ils n'y mènent pas de la même manière. Le Chemin de l'Inca est le plus connu, et aussi le plus contraint. À côté, le Salkantay s'adresse aux marcheurs à l'aise avec un col à plus de 4 500 mètres, le Lares privilégie les villages d'éleveurs, et plusieurs sentiers incas nettement moins fréquentés relient encore les hauteurs de Cusco à la Vallée sacrée.

Le choix se joue sur trois critères : ce que vous voulez voir en marchant, votre aisance en altitude, et le délai d'anticipation que vous acceptez. La durée, le portage et le confort des nuits découlent de ces trois réponses.

Les quatre grandes familles de treks au Pérou

Le Chemin de l'Inca, le plus historique et le plus réglementé

Le Camino Inca classique se marche en quatre jours sur un tronçon pavé du réseau routier inca et se termine par l'arrivée au Machu Picchu par la Porte du Soleil. C'est son principal argument : on entre dans le site par où les Incas y entraient.

La contrepartie est administrative. La fréquentation quotidienne est plafonnée, autour de 500 personnes selon le ministère péruvien de la Culture, l'accès passe obligatoirement par une agence autorisée et les places partent des mois à l'avance. La direction de la culture de Cusco ferme par ailleurs l'ensemble du réseau de chemins incas chaque mois de février pour des travaux d'entretien. Si vos dates tombent en février, ou si vous décidez tard, la question se règle d'elle-même.

Le Salkantay, le plus sportif

Comptez cinq jours de marche, un col au-dessus de 4 500 mètres au pied du glacier Salkantay, puis une longue descente vers les vallées subtropicales de Santa Teresa. Aucun quota ni permis particulier : c'est l'alternative la plus souple quand on s'y prend tard.

En échange, l'effort est réel et l'écart d'altitude se ressent, du froid sec du col à la chaleur humide du bas. C'est un itinéraire pour marcheurs déjà entraînés plutôt que pour une première expérience en montagne.

Le Lares, le plus tourné vers les villages

Plus court, moins haut, sans site archéologique majeur sur le parcours. Son intérêt tient aux hameaux d'éleveurs et aux tisserandes que l'on croise en chemin. Un bon choix si les rencontres comptent davantage que les ruines et si vous ne voulez pas consacrer une semaine entière à la marche.

Les chemins incas moins fréquentés autour de Cusco

Le réseau routier inca, le Qhapaq Ñan, ne se résume pas au tronçon du Camino Inca : c'était un maillage de chemins qui reliait la Colombie à l'Argentine. Plusieurs de ses sentiers relient encore les hauteurs de Cusco à la Vallée sacrée, en passant par des sites comme Huchuy Qosqo et par des villages où presque aucun groupe ne s'arrête.

Ces itinéraires n'arrivent pas au Machu Picchu par la Porte du Soleil. On rejoint Aguas Calientes en train, puis le site à pied par l'ancien escalier inca. En revanche ils échappent aux quotas, se réservent sans délai particulier, et traversent des vallées à peu près vides de randonneurs.

Sur ces sentiers, les lamas portent une partie des affaires du groupe.

Faut-il vraiment faire le Chemin de l'Inca ?

Non. Il vaut la peine si l'arrivée par la Porte du Soleil compte beaucoup pour vous, si vous réservez plusieurs mois à l'avance et si vos dates sont fermes. Dans les autres cas, un tracé alternatif donne souvent une meilleure expérience de marche, avec moins de monde sur le sentier et sur les aires de bivouac.

Le Machu Picchu se visite de toute façon sur réservation, avec un créneau horaire d'entrée, quel que soit le chemin emprunté pour y arriver. Le trek détermine ce que vous voyez pendant les jours qui précèdent, pas la visite du site elle-même.

Quel niveau et quelle altitude prévoir ?

La difficulté d'un trek péruvien tient moins au dénivelé qu'à l'altitude à laquelle on le franchit. Cusco se situe déjà vers 3 400 mètres, et les cols de la région dépassent régulièrement 4 400 mètres. Un marcheur habitué aux Vosges ou au Jura peut se retrouver essoufflé sur une pente qu'il avalerait sans y penser en Europe.

Pour donner un ordre de grandeur concret, sur le trek que nous organisons dans les Andes, les étapes tiennent entre 3h30 et 6 heures de marche, avec des dénivelés de l'ordre de +600 / -500 mètres, puis +700 / -550 mètres le jour du col de Tauca, point culminant à 4 435 mètres. La montée finale vers le Machu Picchu emprunte l'ancien escalier inca depuis Aguas Calientes, environ 1 700 marches en une heure et demie.

Ce n'est pas un trek extrême, mais il demande d'être à l'aise en marche et de prendre l'acclimatation au sérieux. Deux journées à Cusco avant de partir marcher ne sont pas du temps perdu : elles changent la façon dont vous vivrez tout le reste.

Les dernières centaines de mètres avant un site inca perché au-dessus de la Vallée sacrée.

Combien de temps prévoir ?

Quatre jours de marche constituent le minimum pour un itinéraire vers le Machu Picchu, mais ils ne suffisent pas à eux seuls. Il faut y ajouter l'acclimatation en amont, la Vallée sacrée, et une journée tampon en cas de retard de route.

En pratique, une douzaine de jours permettent d'enchaîner Cusco, la marche, le Machu Picchu et un peu de temps libre sans courir. Ajouter le lac Titicaca demande deux à trois jours de plus. Sur le matériel, l'entraînement et les erreurs classiques de préparation, notre guide pour organiser et préparer son trek entre dans le détail.

Quand partir marcher au Pérou ?

Entre mai et septembre. C'est la saison sèche dans les Andes : journées ensoleillées, sentiers praticables, visibilité dégagée sur la cordillère. Les nuits, en revanche, sont froides dès que l'on dépasse 3 500 mètres, y compris au cœur de l'hiver austral.

De décembre à mars, les pluies changent la donne. Les pistes deviennent glissantes et les temps de route s'allongent : France Diplomatie signale des glissements de terrain et des retards importants sur le réseau routier pendant cette période. Février cumule les deux inconvénients, puisque le Chemin de l'Inca y est fermé. Le détail mois par mois, y compris pour l'Amazonie et la côte, figure dans notre guide sur la meilleure période pour partir au Pérou.

Dormir chez l'habitant plutôt que sous tente

Sur la plupart des treks péruviens, on dort sous tente, dans des camps montés et démontés par une équipe de porteurs. C'est efficace, et cela crée une bulle : le soir, le groupe reste entre lui.

Notre trek chez l'habitant au Pérou suit une autre logique. Au départ de Cusco, l'itinéraire gagne les hauts plateaux par un chemin du Qhapaq Ñan jusqu'à Huchuy Qosqo, accompagné d'une caravane de lamas qui porte les affaires, franchit le col de Tauca puis redescend vers la lagune Piuray. Cinq nuits se passent chez des familles quechuas et aymaras, d'abord à Patabamba au-dessus de la Vallée sacrée, ensuite au bord du Titicaca.

Le groupe ne dépasse jamais huit voyageurs et deux guides locaux francophones se relaient, l'un pour la région de Cusco, l'autre pour le lac Titicaca. Autant le dire franchement, le confort est simple : une chambre chez l'habitant, des repas préparés avec ce que produit la vallée, la soirée autour du feu. Qui tient à une salle de bains privée chaque soir sera plus tranquille sur un itinéraire en lodge.

Françoise et Roland, partis en septembre, ont surtout retenu l'immersion en famille quechua avec participation aux tâches quotidiennes, et le travail de leur guide Jorge, francophone et intarissable sur la civilisation inca. C'est assez représentatif de ce que produit ce type d'itinéraire : les souvenirs les plus précis concernent rarement les paysages. Ce que ces nuits impliquent concrètement, nous l'avons détaillé dans notre article sur le Pérou chez l'habitant.

La pomme de terre reste la base de l'alimentation dans les Andes.

Prolonger la marche vers le lac Titicaca

Beaucoup d'itinéraires s'arrêtent au Machu Picchu. Le Titicaca demande une longue route ou un vol supplémentaire, ce qui explique qu'on l'écarte souvent. Il mérite pourtant le détour, à condition d'éviter les îles les plus visitées.

La péninsule de Capachica, sur la rive nord, reste discrète. On y marche une petite journée entre les villages d'Escallani et Chillora, au-dessus de terrasses agricoles, avant de rejoindre l'île de Tikonata à bord d'un voilier traditionnel. Les nuits s'y passent également chez l'habitant. Pour situer ces étapes dans l'ensemble du pays, notre panorama du Pérou fait le tour des régions, et la page destination Pérou réunit les voyages que nous y organisons.

Sur les hauteurs qui dominent le lac Titicaca.

Questions fréquentes sur le trek au Pérou

Peut-on voir le Machu Picchu sans faire de trek ?

Oui. Le train relie Ollantaytambo à Aguas Calientes, d'où un bus monte au site en une vingtaine de minutes. La marche n'a rien d'obligatoire, elle change surtout la manière dont on arrive.

Le Chemin de l'Inca est-il ouvert toute l'année ?

Non. Le ministère péruvien de la Culture ferme le réseau de chemins incas chaque mois de février pour entretenir les sentiers, les campements et les drainages. Les autres itinéraires de trek restent accessibles pendant cette période.

Faut-il avoir déjà marché en altitude ?

Ce n'est pas nécessaire, mais il faut une bonne condition physique et accepter de ralentir. L'altitude ne se compense pas par l'entraînement : elle se gère par l'acclimatation, un rythme lent et beaucoup d'eau. Les guides locaux règlent d'ailleurs l'allure sur le marcheur le plus lent du groupe.

Le choix se résume finalement à une question : marcher sur le sentier le plus célèbre du continent, ou dans des vallées où l'on croise encore plus de troupeaux que de groupes. Les deux réponses se défendent, elles ne donnent simplement pas le même voyage. Si la destination n'est pas encore arrêtée, nos autres treks et randonnées permettent de comparer ce que donne la marche ailleurs, du Népal à la Mongolie.