Conseils voyage
13 min
26 August 2026

Tour des Annapurnas : itinéraire, durée et difficulté réelle du trek

Quatorze jours de marche, un col à 5 416 mètres et un détour par le lac Tilicho. On détaille ici l'itinéraire du tour des Annapurnas étape par étape, avec les distances, les dénivelés et les heures de marche réelles, puis ce qu'il faut prévoir sur place.
Linda

Le tour des Annapurnas se boucle en deux à trois semaines selon la formule choisie, avec un point haut au col du Thorong La, à 5 416 mètres. La difficulté ne tient pas à la technique, il n'y a rien à escalader, mais à l'enchaînement des journées et à l'altitude, qui devient le vrai juge de paix à partir de 4 000 mètres.

Les chiffres qui suivent viennent de l'itinéraire que nous faisons marcher, étape par étape, avec ses distances, ses dénivelés et ses heures de marche réelles. Ils valent pour notre variante en quatorze jours par le lac Tilicho, pas pour toutes les versions du tour.

Combien de temps faut-il pour boucler le tour des Annapurnas ?

Comptez deux semaines pour une version qui rejoint le départ par la route et redescend de même après le col, jusqu'à trois semaines pour les formules longues qui marchent l'intégralité du tour. Notre itinéraire tient en quatorze jours au départ de Katmandou, dont neuf jours de marche consécutifs et treize nuits sur place.

Cette durée n'est pas une version au rabais du parcours. L'approche se fait en véhicule jusqu'à Dharapani et la descente après le col emprunte la route : le temps gagné là est réinvesti dans l'acclimatation et dans le détour par le lac Tilicho.

En marche, cela représente environ 131 kilomètres et près de 8 700 mètres de dénivelé positif cumulé, répartis sur neuf étapes de trois à neuf heures.

Les premières journées se marchent encore dans la végétation, entre les villages et les ponts suspendus.

L'itinéraire du tour des Annapurnas, étape par étape

De Katmandou à Dharapani, l'approche par la route

La première journée sert à atterrir et à s'installer, dans le quartier de Thamel, entre les échoppes, les rickshaws et les temples. Le lendemain, la route file vers Besisahar, environ 172 kilomètres de bitume et quatre à cinq heures de trajet.

Le véhicule change ensuite pour les 51 derniers kilomètres, sur piste, en bus local. Trois heures de secousses plus tard, vous êtes à Dharapani, à 1 960 mètres. C'est là que la marche commence vraiment.

De Dharapani à Manang, la montée par les villages

La première étape traverse une forêt de rhododendrons et de petits villages ornés de drapeaux de prière : 16,6 kilomètres, 1 381 mètres de montée et 626 de descente, environ six heures pour rejoindre 2 670 mètres.

Le lendemain, le sentier monte en pente douce entre les rizières en terrasses et les falaises jusqu'à Pisang, dont le vieux village et le monastère méritent la visite. Quinze kilomètres, 850 mètres de montée, cinq heures de marche et 3 200 mètres au compteur.

L'étape suivante est la plus longue de la première partie : 19,8 kilomètres et sept heures pour rejoindre Manang à 3 450 mètres, en longeant la barrière glaciaire du versant nord des Annapurnas et en traversant le village de Braga.

Vient ensuite la journée d'acclimatation, qui porte mal son nom si vous imaginez une journée de repos. Selon la météo, vous montez au monastère qui domine la vallée, avec le Gangapurna et son glacier en face, puis passez au centre de secours pour un point sur le mal des montagnes, ou vous partez vers le lac gelé de Kicho Tal. Dans les deux cas, comptez 1 263 mètres de dénivelé positif dans la journée, pour redescendre dormir à la même altitude. C'est exactement le principe : monter haut, dormir bas.

Le détour par le lac Tilicho

Beaucoup de formules filent directement de Manang vers le col. Nous prenons deux jours pour aller voir le lac Tilicho, autant pour le lieu que pour ce qu'il apporte au reste du parcours : deux journées de plus en altitude modérée, c'est du temps gagné sur l'acclimatation avant le Thorong La.

La montée vers le camp de base se fait sur 15,2 kilomètres, avec 1 034 mètres de dénivelé positif, pour une nuit à 4 150 mètres. Le paysage a déjà changé : la végétation se raréfie, le sentier taille dans l'éboulis et on croise les premiers troupeaux de yaks.

À cette altitude, un lodge se résume à quelques bâtiments posés dans la caillasse.

Le lendemain mène au lac, à 4 919 mètres, avant de redescendre : 16,9 kilomètres, 1 175 mètres de montée et près de 1 250 de descente, environ sept heures. C'est la journée où l'on comprend ce que l'altitude fait au rythme de marche.

Le point haut du détour, avant de faire demi-tour vers la vallée.

Le passage du col du Thorong La

Deux étapes courtes servent de sas avant le point haut. Yak Kharka d'abord, dix kilomètres et quatre heures sur un sentier peu fréquenté. Puis Thorong Phedi, à 4 525 mètres, une petite étape de sept kilomètres et trois heures, volontairement légère : la journée du lendemain est longue.

Le franchissement du col demande environ neuf heures de marche : 900 mètres de montée jusqu'aux 5 416 mètres du Thorong La, puis près de 1 770 mètres de descente de l'autre côté, avant une heure de route pour rejoindre l'étape du soir. C'est la journée la plus exigeante du trek, et la descente y pèse autant que la montée.

Un yak bâté devant un lodge de haute altitude, dans la neige.

La descente vers Pokhara et le retour

La suite se fait par la route, entre les gorges et le passage de Tatopani, avec le Dhaulagiri et l'Annapurna en toile de fond : 146 kilomètres et six à sept heures jusqu'à Pokhara, à 820 mètres. L'arrivée en milieu d'après-midi laisse le temps d'aller voir le temple de Barahi, posé sur une île du lac.

Le lendemain ramène à Katmandou par la vallée de la Trishuli. La dernière journée sur place reste libre, pour Swayambhunath et ses 365 marches, Durbar Square ou le temple de Pashupatinath, avant le vol retour.

Pokhara, au bord du lac, referme le voyage après la descente du col.

Quelle est la difficulté réelle de ce trek ?

Techniquement, il n'y a pas grand-chose à raconter : aucun passage exposé, aucun matériel de progression. Ce qui use, c'est la répétition. Neuf jours de marche consécutifs, de trois à neuf heures selon les étapes, avec des dénivelés positifs qui montent jusqu'à 1 380 mètres et des descentes qui atteignent 1 770 mètres, souvent en escaliers de pierre raides. Ce trek s'adresse à des randonneurs habitués aux longues marches en montagne.

Et puis il y a l'altitude. Tout itinéraire comportant au moins une nuit au-dessus de 3 500 mètres est considéré comme un trek d'altitude. Le mal aigu des montagnes peut toucher n'importe qui, quels que soient l'âge et la condition physique, et les signaux à connaître sont les maux de tête, une fatigue inhabituelle, des nausées, un sommeil perturbé ou une perte d'appétit.

Le tracé est construit pour limiter ce risque, avec une progression étalée, une journée d'acclimatation à Manang et des étapes volontairement courtes avant le col. Le guide surveille l'état du groupe au quotidien, et la seule réponse qui fonctionne vraiment reste la redescente. France Diplomatie recommande d'ailleurs de respecter les consignes d'acclimatation et de souscrire depuis la France une assurance couvrant les activités de trek en haute altitude, en signalant des cas de fraude à l'assurance lors d'évacuations en montagne.

Côté préparation, nous conseillons deux à trois séances par semaine pendant les deux à trois mois qui précèdent le départ, en travaillant l'endurance plus que la vitesse. Si vous partez pour votre premier trek lointain, nos conseils pour organiser et préparer son trek reprennent les bases, du sac au rythme de marche.

Si l'altitude vous freine, ce n'est pas une raison de renoncer au Népal : notre trek chez l'habitant au fil des villages sherpas reste sous les cols les plus hauts et met l'accent sur les nuits chez les familles plutôt que sur la performance. Pour comparer les grands itinéraires du pays, nous avons détaillé ailleurs quel trek choisir au Népal selon ce que vous cherchez.

Quand partir sur le tour des Annapurnas ?

L'automne, d'octobre à fin novembre, offre les conditions les plus stables en montagne, avec des journées ensoleillées et des températures moyennes de 20 à 25 degrés. Le printemps, de mars à mai, constitue la seconde bonne fenêtre, un peu plus douce, entre 15 et 26 degrés.

L'hiver reste sec mais froid dès que l'on dépasse 3 000 mètres, et les cols peuvent être enneigés. La mousson, de mi-juin à fin septembre, ne se prête pas à ce trek : nous ne programmons aucun départ sur le tour des Annapurnas entre juin et septembre.

Pour le reste du pays et les autres régions de trek, la saisonnalité mérite d'être regardée de plus près, et nous l'avons fait dans notre guide sur la meilleure saison pour partir au Népal.

Permis, guide obligatoire et formalités d'entrée

Le tour des Annapurnas traverse l'Annapurna Conservation Area, une zone protégée de 7 629 kilomètres carrés où vivent plus de 100 000 personnes, gérée par le National Trust for Nature Conservation depuis 1986 et classée officiellement en 1992. L'entrée y est soumise à un permis, contrôlé sur le sentier.

Depuis le 1er avril 2023, une décision du Nepal Tourism Board interdit par ailleurs aux trekkeurs étrangers de marcher seuls dans les parcs nationaux et les zones de conservation : un guide agréé est obligatoire. Les modalités et les tarifs des permis évoluent régulièrement, mieux vaut les vérifier sur la page officielle du Nepal Tourism Board consacrée aux permis de trekking. Sur nos départs, les permis de trekking et de parcs nationaux sont compris dans le prix du voyage.

Le visa, lui, se délivre à l'arrivée, à l'aéroport de Tribhuvan comme aux postes frontières avec l'Inde et la Chine. Un formulaire peut se remplir en amont sur le site officiel de l'immigration népalaise, ce qui fait gagner un temps appréciable au comptoir, mais il ne vaut pas visa : il se présente avec le passeport à l'arrivée. Les frais de visa et les vols internationaux ne sont pas inclus dans nos voyages.

Où dort-on et que faut-il prévoir sur place ?

Pendant le trek, les nuits se passent en lodge de montagne, en chambre double ou twin. Le confort est simple et assumé : l'électricité est en général disponible, un grand salon commun sert de salle à manger, et les douches comme les toilettes sont parfois à l'extérieur et partagées.

La douche chaude est payante, entre un et deux euros, et le tarif grimpe avec l'altitude, quand l'eau se raréfie. La chambre individuelle n'existe qu'en ville, à Katmandou et à Pokhara, selon disponibilité, jamais en lodge.

Côté repas, les petits déjeuners et les déjeuners sont inclus, sauf le premier et le dernier jour. Nous laissons les dîners libres, pour que chacun goûte ce qu'il veut dans les lodges ou dans les restaurants des villes : prévoyez cinq à dix euros par repas. Le dal bhat, riz, lentilles, légumes et pommes de terre, revient souvent, et c'est tant mieux, il tient au corps.

L'eau du robinet ne se boit pas, même pour se brosser les dents. Pastilles de purification, eau bouillie proposée dans les hébergements ou bouteille au sceau intact : les trois solutions fonctionnent, la première évite les déchets plastique sur le sentier.

Vos bagages sont portés. La règle népalaise autorise douze kilos par personne, avec un porteur pour deux participants, et vous ne gardez sur le dos que le sac de la journée, de trente à quarante litres. Les pourboires ne sont pas inclus : pour l'ensemble de l'équipe, guide, assistants et porteurs, nous recommandons quarante à cinquante euros par participant et par semaine.

Marcher le tour des Annapurnas avec Odysway

Notre version du tour dure quatorze jours et se marche en groupe de huit voyageurs au maximum, avec un guide népalais présent du premier au dernier jour et une équipe locale de porteurs. Deux inscrits suffisent à confirmer un départ, ce qui rend les dates les moins courues plus faciles à maintenir. C'est de ce trek du tour des Annapurnas et du lac Tilicho que viennent tous les chiffres de cet article.

Nous devons en partie cette page à Delphine, rentrée d'un de nos treks au Népal, qui nous écrivait après son voyage : « Le descriptif du voyage mérite d'être un peu plus précis (nb d'heures de marche quotidien, dénivelé,…) ». Elle avait raison.

Si vous hésitez encore entre les grands treks du pays, la page qui rassemble nos voyages au Népal permet de les comparer en un coup d'œil, et notre dossier sur le Népal revient sur ce que l'on vient chercher dans cette région du monde au-delà des sommets.