Pourquoi ne pas faire de l'éléphant en Thaïlande et les alternatives éthiques


Il ne faut pas monter sur un éléphant en Thaïlande parce que derrière chaque balade à dos d'éléphant se cache un processus de dressage violent appelé phajaan, qui brise l'animal dès son plus jeune âge pour le rendre docile. Les camps touristiques continuent de prospérer parce que les visiteurs ignorent cette réalité, mais le simple fait de payer pour une balade ou un spectacle finance directement cette maltraitance. Les alternatives existent : observer les éléphants en liberté dans les parcs nationaux, soutenir les vrais sanctuaires qui ne permettent ni balades ni contact forcé, et s'intéresser aux communautés Karen du nord de la Thaïlande qui vivent avec les éléphants depuis des siècles dans un rapport respectueux que l'industrie touristique n'a jamais su reproduire.
Ce qu'on ne vous dit pas sur les camps à éléphants
L'éléphant est le symbole de la Thaïlande depuis la fondation du royaume de Siam au XIVe siècle, un animal vénéré dans le bouddhisme et omniprésent dans la culture visuelle du pays, des sculptures de temples aux motifs imprimés sur les chemises. Ce statut sacré contraste avec ce qui se passe dans les camps touristiques, où des millions de visiteurs montent chaque année sur le dos d'un éléphant en pensant vivre une expérience authentique. Ce que les brochures ne disent jamais, c'est qu'un éléphant sauvage ne se laisse pas monter volontairement, que le dressage nécessaire pour le rendre docile est d'une cruauté systématique, et que chaque ticket acheté pour une balade finance directement ce système. Au début du XXe siècle, la Thaïlande comptait environ 100 000 éléphants, il n'en reste plus que quelques milliers aujourd'hui dont la moitié est domestiquée pour le divertissement touristique.
Après l'interdiction de l'exploitation forestière des éléphants en 1989, puis de la mendicité urbaine en 2007, les propriétaires ont reconverti leurs animaux vers le tourisme. Les balades à dos d'éléphant sont devenues l'attraction phare du pays, un business qui rapporte des millions et dont personne, côté opérateurs, n'a intérêt à montrer l'envers du décor. Pour découvrir la Thaïlande au-delà de cette industrie, notre article sur le pays du sourire donne un aperçu très différent de ce que le pays a à offrir.
La réalité de la maltraitance
Le processus s'appelle phajaan, et il commence dès que l'éléphanteau est séparé de sa mère, souvent avant l'âge de deux ans alors qu'il devrait rester auprès d'elle jusqu'à quatre ou cinq ans minimum. L'animal est enfermé dans une cage si étroite qu'il ne peut pas bouger, privé de nourriture, d'eau et de sommeil pendant quatre à six jours, battu à coups de bullhook (une sorte de pic à glace) sur les parties les plus sensibles de son corps, c'est-à-dire la tête, les oreilles, les joues et les articulations. L'objectif est de briser sa volonté pour qu'il associe la désobéissance à la douleur et se soumette totalement au mahout. Environ la moitié des éléphanteaux ne survivent pas à cette période. Ceux qui s'en sortent gardent des séquelles physiques et psychologiques permanentes.
La maltraitance ne s'arrête pas après le phajaan. Pour promener les touristes, on installe sur le dos de l'éléphant une nacelle qui pèse jusqu'à 100 kilos, à laquelle s'ajoutent le poids du mahout et celui de deux ou trois passagers. Or le dos est la partie la plus fragile du corps de l'éléphant, qui ne devrait pas porter plus de 150 kilos au total. Les animaux passent la journée à marcher sous le soleil sans pouvoir manger ni boire suffisamment alors qu'un éléphant a besoin de 200 kilos de nourriture et 200 litres d'eau par jour, et le mahout leur rappelle leur dressage à coups de bullhook sur les anciennes blessures dès qu'ils ralentissent ou hésitent. Ces conditions provoquent régulièrement des épisodes d'agressivité, d'épuisement ou de mort subite, et le danger est réel pour les visiteurs aussi puisque l'éléphant reste un animal sauvage aux réactions imprévisibles, surtout pendant la période de musth chez les mâles.
Les sanctuaires éthiques : comment les reconnaître
Depuis quelques années, des centres de sauvetage ont ouvert un peu partout en Thaïlande avec la mission de recueillir des éléphants maltraités, de les soigner et de leur permettre de retrouver un comportement proche de leur état naturel. Le problème, c'est que le mot "sanctuaire" n'est protégé par aucune réglementation, et que beaucoup d'établissements l'utilisent comme argument marketing tout en continuant à exploiter les animaux sous une forme à peine différente : bains forcés avec les touristes, contact permanent du matin au soir, aucun temps de repos.
Un vrai sanctuaire se reconnaît à quelques critères assez simples. Les éléphants ne portent pas de nacelle et personne ne monte sur leur dos. Les visiteurs les observent à distance respectueuse, sans contact physique imposé. Les animaux ont accès à de grands espaces naturels et peuvent choisir de s'éloigner quand ils en ont envie. Les effectifs de visiteurs sont limités à de petits groupes. Et surtout, l'établissement est transparent sur l'histoire de chaque éléphant et sur les soins qu'il reçoit, il ne vend pas de selfies avec les animaux et il n'organise pas de spectacles. Si vous préférez observer des éléphants en totale liberté, les parcs nationaux comme Kui Buri dans la province de Prachuap Khiri Khan proposent des safaris accompagnés par des rangers qui connaissent les habitudes des troupeaux sauvages. Odysway propose aussi des voyages pensés autour du rapport aux animaux, comme le séjour dans un refuge animalier au Costa Rica où l'on participe à la réhabilitation d'animaux sauvages blessés.
Le peuple Karen et leur lien avec les éléphants
Dans les montagnes du nord de la Thaïlande, le peuple Karen entretient avec les éléphants une relation qui n'a rien à voir avec l'industrie touristique. Les Karen vivent avec des éléphants depuis des générations, dans un rapport où l'animal n'est ni un outil de travail ni une attraction mais un membre de la communauté qui participe à la vie quotidienne à son propre rythme. Les éléphants Karen ne sont pas dressés par le phajaan, ils ne portent ni nacelle ni chaînes, et ils passent une bonne partie de leur journée en semi-liberté dans la forêt avant de revenir le soir vers le village.
Cette relation remonte à plusieurs siècles et se transmet de génération en génération. Les jeunes Karen apprennent à comprendre le comportement des éléphants en les observant longuement, pas en les dominant. Le lien de confiance se construit sur des années, et chaque famille connaît les particularités, les humeurs et les besoins de son éléphant comme on connaît ceux d'un proche. Quelques projets de tourisme communautaire permettent de vivre cette rencontre en passant du temps dans un village Karen et en observant de l'intérieur la relation entre les habitants et leurs éléphants, loin des camps touristiques et dans un cadre qui profite directement à la communauté locale. C'est probablement le seul moyen d'approcher un éléphant en Thaïlande sans contribuer à sa souffrance.
Notre voyage en Thaïlande autrement
Odysway ne propose pas de voyage centré sur les éléphants en Thaïlande, parce que nous refusons de cautionner les camps touristiques et que les vrais sanctuaires éthiques sont encore rares et fragiles. Ce que nous proposons, c'est de découvrir le pays sous un angle complètement différent, par l'immersion dans la culture locale et la pratique. Notre stage de boxe thaï dans le nord de la Thaïlande vous emmène à Pai, une petite ville paisible dans les montagnes, pour quinze jours d'entraînement au muay thaï avec des entraîneurs thaïlandais qui ont grandi dans cette discipline. Deux séances par jour, des repas partagés avec les autres stagiaires et les coachs, du temps libre pour explorer les rizières et les cascades des environs. Le voyage démarre à partir de 770 euros par personne, il est ouvert toute l'année et accessible aux débutants comme aux pratiquants confirmés, avec 4,9 sur 5 et seize avis publiés.
Si c'est le rapport aux animaux qui vous intéresse avant tout, notre refuge animalier au Costa Rica propose de soigner des animaux sauvages, de participer à leur réhabilitation et de vivre en immersion dans la nature tropicale. Et si vous avez des questions sur les voyages en Thaïlande ou sur la façon de voyager autrement en Asie, prenez rendez-vous avec notre équipe pour en discuter.
